29 octobre 2009
Info flash en direct du Jura : le grand père de Nicolas travaillait la terre !
Rappelez vous cette image de l'AFP totalement fabriquée pour les media lors de la campagne du candidat Sarkozy en 2007. Elle illustre la posture de l'homme et "l'imposture" de la photo sans les journalistes agglutinés sur un véhicule à quelques mètres. Aujourd'hui, devenu Président, il use et abuse de la même technique, il fait de l'évènementiel. C'est un vrai métier mais ce n'est pas celui pour lequel il a été élu pour reprendre sa phrase favorite. A l'heure où les grands sujets de débat ne manquent pas, de la réforme des collectivités et la suppression de la taxe professionnelle au Grand Paris en "passant par la Lorraine (le Jura pour être exact) avec mes sabots dondaine" (en l'éspèce les gros sabots d'Eric Besson), le cavalier (?) devenu Président nous parle de la terre, sic !!!
Je ne connais ni le Jura, ni la Lorraine (ça viendra) mais je suis avec attention ce qui s'écrit depuis que Besson, en service commandé, a lancé le débat sur l'identité nationale. Pourquoi pas disent les uns, la France n'a que trop tardé à s'interroger, ligne jaune disent les autres qui pointent les risques de dérapages. Qu'en est-il ? Et pourquoi maintenant ?
Besson a lancé le pétard dimanche et Sarkozy a allumé la mèche mardi dans un discours consacré aux difficultés bien réelles du monde agricole qui manifeste sa colère depuis des mois, Sarkozy a choisi une conclusion qui mérite qu'on s'y arrête. J'ai repris l'intégralité de ces propos car je ne veux en aucun cas les tronquer. Ils parlent d'eux mêmes et ne manquent pas d'inquiéter sur leur finalité. C'est manifestement encore un coup, un coup dont il est expert, un coup de manoeuvrier qui s'échappe encore une fois "en créant le débat" ou plutôt ici un énième faux débat. Mais peu lui importe car ce qui compte c'est encore et toujours de créer un nouvel écran de fumée, puis un autre, puis encore un etc. C'est sans fin et pendant ce temps là, on parle moins dans les media des difficultés socio-économique du pays, et ce en pleine discussion budgétaire !
Que nous dit le Président de la République :
"La France a un lien charnel avec son agriculture, j'ose le mot : avec sa terre. Le mot "terre" a une signification française et j'ai été élu pour défendre l'identité nationale française.Ces mots ne me font pas peur, je les revendique. La France a une identité particulière qui n'est pas au dessus des autres mais qui est la sienne et je ne comprends pas qu'on puisse hésiter à prononcer ces mots "Identité nationale française". Ils ne sont agressifs envers personne. Ils sont simplement l'expression du devoir que nous devons aux générations qui nous ont précédés et qui ont fait au prix de leur vies et de leur sang ce que la France est devenue. Eh bien, la terre fait partie de cette identité nationale française. Et cette identité nationale française est constituée notamment par le rapport singulier des français avec la terre. Toutes les familles de France ont des grands parents, qui à un moment ou un autre, ont travaillé la terre."
Faut-il y voir de la part de la plume du Président qui n'en est pas à son coup d'essai dans l'usage des images historiques, un appel à une France "éternelle", rurale, terrienne en opposition à l'autre France, celle des immigrés d'hier et d'aujourd'hui qui poserait problème ? Pas de procès d'intention mais une hyper-vigilance car ces mots ne peuvent pas être le fruit du hasard chez celui qui a manipulé indifféremment tous les symboles en direction de tous les publics.
La terre c'est d'abord la planète qui est notre bien commun, c'est aussi la terre d'asile, c'est enfin celle qui colle à nos chaussures d'où que nous venions et où que nous allions. L'identité des Français est multiple heureusement et ne s'arrête ni aux paroisses de l'ancien régime, ni aux contours de nos communes ou de nos départements. Notre pays n'a pas vocation à différencier ses enfants de naissance ou d'adoption, mais à rappeler à chacun les valeurs communes de la République. Rappeler aussi qu'elle fut la fruit d'une lutte acharnée et toutes les tentatives pour rorgner la liberté d'être ce que nous sommes, des êtres différents, tous dépositaires d'une double histoire à la fois singulière et partagée, doivent être combattues.
Le petit jeu des "avec ou sans terre" :
Mes arrière grands-parents et grands-parents sans terre devenus français grâce au décret Crémieux de 1871, né dans un département français, celui d'Alger toujours sans terre, depuis 47 ans sur le sol de France, en Métropole comme on dit encore, toujours sans terre, totalement français, toujours sans terre mais pas sans racines, comme la totalité de mes "frères de France", et viscéralement attaché à nos valeurs républicaines.
20 octobre 2009
La roulette russe ou la fin du feuilleton "UMPVO majoritaire" !
Depuis la victoire de Phlippe Métezeau, la droite départementale n'a cessé de revendiquer une "majorité arithmétique", réalité que nous avons toujours contestée. Après avoir exigé la démission immédiate de Didier Arnal, puis celle de l'exécutif, l'UVO à la peine avait imaginé un stratagème procédurier avec une demande (accordée de droit) de tenir une une séance exceptionnelle du conseil général avec un point à l'ordre du jour, le remplacement ou non du siège laissé vacant par Marie José Cayzac.
Avec cette question simple en apparence, l'UVO caressait l'espoir de nous mettre en minorité. Mal lui en a pris. En effet comme nous le répétons depuis le début et singulièrement depuis la déclaration de Robert Daviot en séance le 28 septembre, nous vivons une situation inédite avec 2 groupes égaux en nombre de 19 conseillers généraux chacun et un conseiller qui a choisi d'être indépendant. Son abstention ce matin a entrainé la fureur de la droite qui a fait pleuvoir sur lui et sur Didier Arnal les mots le plus durs et les plus orduriers. Bref un très long moment d'égarement peu compatible avec le débat démocratique. Le scrutin public a été nominal avec le résultat suivant :
UVO : 19
Gauche : 19 et la voix prépondérante du PCG
Indépendant : 1
Cette séance extraordinaire à mis un terme au feuilleton de l' UMPVO "majoritaire". La droite a joué à la roulette russe procédurière et elle a perdu. Fermer le ban.
15 octobre 2009
La fin des collectivités ou du coma vigil au coma dépassé ?

Le coma vigil est une altération partielle de la conscience. Toutes les collectivités attaquées par le virus élyséen doivent lutter pour ne pas perdre de vue qu'elles sont toutes concernées, et le faire savoir aux citoyens, tous concernés par le transfert des impôts vers les ménages, au bénéfice des entreprises. Si on s'endort, on passera rapidement au coma profond puis dépassé (irréversible). Il sera trop tard et les collectivités auront vécu.
Pendant que Jean amuse la galerie à la défense, Nicolas le père torpille les collectivités locales à l'intérieur.
La réforme de la taxe professionnelle est un cadeau fiscal de 11 milliards €, une bénédiction pour les entreprises, mais une catastrophe absolue pour des collectivités appauvries et les ménages qui paieront la note in fine. Cet étranglement programmé est un projet politique dangereux qui a pour ambition de détricoter la décentralisation. Si la réforme globale des impôts locaux est indispensable, elle ne peut pas être faite n'importe comment et au seul profit des enteprises. A quand une véritable réforme des taxes dont la d'habitation, la taxe la plus injuste ?
14 octobre 2009
Après le fils de P... je demande le P...


Suite...
La Une de LIBERATION http://www.liberation.fr résume parfaitement la situation dans laquelle nous plonge le coup de billard à trois bandes qui risque de faire d'un jeune homme bien né de 23 ans, fils de P... de 23 ans sans grande expérience, le P... de l'EPAD.
"Désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n'est plus d'être bien né, c'est travailler dur et avoir fait la preuve, par ses études, par son travail, de sa valeur"
C'est le P... papa du futur P... qui donne la leçon aux lycéens !
La réplique de beaucoup de lycéens risque de se résumer à l'expression "fils de P..."
Cela aura à coup sûr des conséquences d'abord au sein de la jeunesse, car au delà du commentaire, le signal envoyé est redoutable, mais au château, la notion de limite ne fait pas partie du vocabulaire. Jusqu'à quand ? J'ai presque mal (non pas vraiment) pour les flibustiers de l'UMP obligés de défendre l'indéfendable. Les citoyens qui sont des électeurs, pas les neuilliens bien sûr, seraient bien inspirés de leur faire une piqûre de rappel contre le népotisme. Pour que ce soit clair, je n'ai aucune indulgence pour toute situation similaire de quelque bord que soit les individus concernés.
10 octobre 2009
Réflexions sur les " Fils de P ... "


Bien évidemment ce titre frondeur est une provocation. Dans la vie courante, l'interpellation "Fils de p..." est hélas banalisée. Ce n'est évidemment pas ma tasse de thé mais à écouter ceux qui emploient cette expression à tout bout de champ, il n'y aurait dans leur bouche aucune intention péjorative, juste une expression comme ça. Oui mais non.
Depuis quelques jours, nous avons la version "Hauts de seine" de Fils de p...". Le P prend une toute autre signification. C'est un P majuscule pour Président. Le Président, c'est Nicolas Sarkozy et le "Fils de Président", c'est Jean Sarkozy le cadet.
L'histoire officielle voudrait que ce très jeune conseiller général de Neuilly, très bien élu en 2008, certes en terrain conquis d'avance, soit un surdoué (peut-être) et qu'il ait montré en quelques semaines de telles qualités qu'il devienne presque naturellement Président (déjà) du groupe UMP majoritaire. Ce conte de fées, il ne le doit qu'à papa et à personne d'autre chacun le sait, surement aussi à tonton et tata Blakany. Les conseillers généraux de droite sont tellement aux ordres qu'ils n'ont certainement guère eu voix au chapitre.
Aujourd'hui, seconde étape et pas des moindres, la présidence de l'EPAD. Ce n'est pas un banal organisme obscur rattaché au CG. C'est l'établissement public d'aménagement de la région de la Défense. À partir du 1er janvier 2010, l'EPAD devrait fusionner avec l'établissement public d'aménagement Seine-Arche (EPASA), dont les compétences concernent le territoire situé à l'ouest de la Défense. Il deviendra l'établissement public d'aménagement de la Défense Seine-Arche (EPADSA). En clair, présider l'EPADSA, c'est prendre la tête d'un aménageur essentiel. D'ailleurs, c'est en substance ce qu'on lit sur le site de l'EPAD :
" Parallèlement, un rapprochement s'est engagé entre l'EPAD et l'EPASA (Etablissement Public Seine Arche à Nanterre) pour faire de ces deux Opérations d'Intérêt National, une opération unique d'aménagement de la Seine à Neuilly à la Seine à Nanterre, territoire majeur du développement du Grand Paris."Voilà pourquoi la nomination du fils de P... est un évènement, une information qui mérite qu'on s'y arrête, une nouvelle qui nous interroge à plus d'un titre. On n'est pas dans l'anecdote juste bonne à valoir à l'impétrant quelques lignes dans le jounal du conseil général des Hauts de Seine !
On connaissait les fils à P... comme papa, modèles de la reproduction sociale dont notre pays s'est fait une spécialité. Codes sociaux, réseaux, connivence tout ce qui renforce le simple fait d'être né du bon côté. Dans l'eau trouble de la Seine, je vois un siège de député en 2012, et peut-être [espérons qu'une hypothétique loi sur le cumul aura trouvé une majorité d'ici là - on peut rêver] la possibilité de briguer la mairie de Neuilly à 28 ans comme papa ! Il faudra dégager "l'usurpateur" adoubé par tactique et pour un seul mandat, Jean-Christophe Fromentin. Ce dernier sera-t-il aussi facile à débarquer ? Et que diront "les chers neuilliens"? La suite en 2014.
Une des missions historiques de la République, celle de créer les conditions de rupture avec cette reproduction sociale? est mise à mal en permanence. La méritocratie républicaine semble avoir atteint ses limites et l'on doit marteler que le diagnostic est de plus en plus inquiétant. La Gauche fidèle aux principes qui la fondent trouve là un combat frontal qu'il nous faut mener, et ce combat contre le modèle dominant doit être permanent.
Il ne suffira pas de continuer à crire "l'école, l'école, l'école" ou "l'Education, l'Education, l'Education". A quand une nouvelle mobilisation qui ne soit plus perçue comme corporatiste, mais une mobilisation qui affirme la priorité des priorités : donner à nos enfants, à nos jeunes, écoliers, collégiens, lycéens, étudiants mais aussi à nos enseignants, les moyens de travailler sur le long terme et sans compter les bouts de ficelle pour parvenir à faire émerger un projet, valoriser leurs élèves qui ont eux aussi tous des filles et des fils de !
Pour illustrer la coexistence de 2 mondes qui, s'ils se connaissent (?) ni ne se mélangent, ni ne parlent où si peu, je veux décrire le téléscopage de 2 instantanés vécus hier :
De nombreux lycéens plutôt "stéréotypés fils de p... première version" devant un lycée professionnel d'Aubervilliers, il est 8 h du matin en marchant pour gagner la clinique d'en face pour y travailler.
De nombreux étudiants plutôt "stéréotypés fils à p... version ESSEC" rencontrés lors de l'inauguration de la nouvelle bibliothèque et du nouveau restaurant de l'école, en résumé des conditions de travail de et d'étude exceptionnelles. A quand, la même qualité dans nos facultés, à Villetaneuse par exemple ?
La suite est à écrire "Fils de P..."





