FRANCONVILLE - Gérard SEBAOUN Conseiller Général

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30 août 2006

La médecine libérale est moribonde !

  • Il serait peut être temps de l'abattre définitivement.

C'est la polémique entre un Ministre qui "s'offusque", le Conseil de la Chirurgie dirigée par un Professeur de médecine député UMP, et les syndicats de chirurgiens, anesthésisites et obstétriciens qui m'a poussé à ce message.

Quel est ce système qui prétend à l'égalité devant les soins et qui allie :

acmal3accpteacrec4 Photos empruntées au site de la http://www.securite-sociale.fr

  • Démographie en chute libre, sélection inadaptée, qualité des soins aléatoire et retard technologique ?
  • Bureaucratie, encadrements des honoraires et aides aux praticiens ?
  • Liberté d'installation pour ceux ci et liberté de consultation pour les patients ?
  • Formation continue optionnelle sous la coupe des laboratoires pharmaceutiques ?
  • Concurrence public - privé, et secteur lucratif à l'hopital public ?
  • Remboursements toujours plus médiocres et trou abyssal de la sécurité sociale ?
  • Etc.

Ne cherchez pas : C'est le système de santé français qui prétend marcher sur deux jambes, le secteur public hospitalier, les centres de soins mutualistes, municipaux et autres qui dispensent les patients de l'avance des frais, et  le secteur libéral avec le maintien du sacro saint paiement à l'acte ! Ce système est à bout de souffle et il menace à tout moment de sauter sur une mine. En réalité, le système libéral est sous perfusion car dépendant d'un payeur essentiel, les caisses, la différence étant asssumée par les patients directement ou au travers de leurs mutuelles. Je mets volontairement à part nos concitoyens qui bénéficient de l'accès (théorique) aux 2 systèmes à titre gratuit grâce à la CMU.

De quoi parlent entre eux la plupart des médecins libéraux lorsqu'ils se rencontrent de médecine, de vacances, de politique comme tout le monde mais aussi très souvent d'argent.
Ne vous méprenez pas et ne croyez pas qu'ils en rêvent
, certains peut être, mais la plupart sont "fatigués", "accablés" par des charges lourdes qu'ils ne maitrisent pas, qu'ils ne comprennent pas, par des réformes multiples aux intentions louables ? mais aux résultats souvent incertains, quand ils ne sont pas catastrophiques.
L'obligation de consacrer toujours plus de temps à autre chose qu'à la médecine pour laquelle ils ont été formés pendant si longtemps est proprement inacceptable.

La multiplication des actes,et d'examens techniques onéreux souvent inutiles car mal prescrits, n'améliore en rien la santé de la population. On a la prévention à la bouche mais on accepte que notre pays soit le champion toutes catégories de la longueur des ordonnances et de la prescription de médicaments.

A l'inverse nous ne devons pas être loin d'être aussi les premiers dans ce qu'il est convenu d'appeler "les médecines douces" que d'aucunes qualifient d'offres alternatives à la médecine officielle dite allopathique ! On se moque du monde : Pas de preuves scientifiques, pas ou peu de remboursement de la SS, ou alors maquillés sous la nomenclature officielle, quelle belle alternative que voilà. En réalité c'est l'incurie du système actuel qui les nourrit hélas.

La seule piste acceptable est de rompre progressivement ce double système et de faire de la qualité objective des soins au travers des indicateurs de santé publique le pilier d'un nouveau système que j'appelle de mes voeux.

Un pays qui consacre tant d'argent à la formation de ses "élites médicales" ne peut pas  accepter l'à peu près et se contenter de gérer la pénurie ici ou là, fermer les yeux sur les dérives des dépenses de sécurité sociale dont on nous dit qu'elles sont dues au vieillissement de la population. C'est en partie, mais en partie seulement.

Le système est au service des patients de tous les âges, de toutes les conditions, sur tout le territoire.
Les acteurs médicaux ne doivent avoir qu'un seul crédo, soigner et non pas se morfondre devant un carnet de RDV qui tarderait à se remplir, des échéances à honorer ou d'un trop plein de patients ingérable et épuisant.

Alors nous y voilà, suis je de ceux qui voudraient réduire le rôle des médecins à celui d'officiers de santé selon l'expression consacrée ? Non, je vous rassure je suis de ceux qui croient qu'une autre voie est possible, que les médecins ont autre chose à faire que de la gestion chacun dans leur coin, que la médecine de groupe, sauf dans des situations particulières - Zones de montagnes ou iliennes par exemple -, est la seule réponse à l'organisation territoriale de soins, à celle des urgences. Ces groupes seraient une des parties d'un tout organisé avec des collectivités hospitalières refondues(anciennement publiques ou privées).

Je crois imaginable également un rôle accru des collectivités territoriales en partenariat avec tous les acteurs de soins. Par exemple, chacun des"pool de santé" avec ses structures hospitalières et ses groupes de médecins structurés et équipés, deviendraient les gestionnaires de leurs propres dépenses, sans concurrence d'une collectivité à l'autre, avec des impératifs de résultats en terme d'amélioration de l'état de santé de la population prise en charge.
Les médecins seraient traités de manière égale qu'ils assurent une fonction de médecin généraliste ou de chirurgien très spécialisé, avec un socle de rémunération identique. S'y ajouterait un système simple de rémunération complémentaire en fonction de critères à définir en commun(charge de travail, périodes de garde, pénibilité par exemple).

Reste à redéfinir le financement du système de soins qui doit être solidaire et reposer sur l'ensemble de la richesse produite. A revoir également le mode de sélection de nos futurs médecins, leur formation "tout au long de la vie" comme pour les autres professionnels, la couverture territoriale obligatoire au moins pour un temps (Personne ne juge inacceptable la nomination d'un instituteur ou d'un policier loin de ses bases), le recutement pouvant être fait directement par les "pool de santé".

Les rapports avec les industries pharmaceutiques sont à redéfinir car les médecins ne peuvent pas être sous influence d'un marketing intensif, à en devenir (je caricature) des prescripteurs "auto guidés".

En un mot, il faut couper le lien "Médecin - Argent", libérer les praticiens en les rémunérant comme ils le méritent (par exemple au niveau d'un cadre supérieur ou celui d'un parlementaire), repenser l'ensemble de notre système de soins et son financement.

Je crois que la Gauche s'honorera en respectant les médecins aujourd'hui "libéraux", si ce mot a encore un sens qui affirment la volonté de rester maitres de leur destin mais qui acceptent ou subissent, c'est selon, la système tel qu'il est. La dérégulation totale prônée par certains est en réalité l'instauration officielle d'une médecine en fonction du porte monnaie.
Les médecins quel que soit leur mode d'exercice et dans leur immense majorité, aspirent à travailler dans de bonnes conditions, au service des patients et avec des revenus "justes".

PS : Je suis moi même médecin spécialiste (secteur 2 - à honoraires libres), libéral et salarié.


Posté par gerardsebaoun à 20:31 - France - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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