12 août 2006
La Presse People et les Politiques : ETE 2006


Alors que VSD et Closer publient des photos volées de Ségolène Royal en vacances, il faut s'interroger sur cet énième épisode. Les Français aujourd'hui s'intéressent infiniment plus à la plastique et aux histoires de couple de leurs femmes et de leurs hommes politiques qu'à leurs idées, tout en restant intéressés par la Politique.
Faut il les en blamer ? Non, car ils sont à la fois victimes et complices (Nous le sommes tous) du voyeurisme ambiant. Les media (Pas tous) ont depuis longtemps pris le parti de l'image sensationnelle ou plus récemment compassionnelle plutôt que d'expliquer les dossiers. C'est plus racoleur, plus vendeur, moins fatigant mais tellement infantilisant.
Il est toujours très tentant de regarder par "le trou de le serrure", et nous y succombons certainement. Beaucoup dont je suis ne trouveront aucun intérêt à acheter les magazines en question, mais quand 2 des présidentiables sont en couverture et qu'il en est fait état dans les journaux dits sérieux, ils ne s'empêcheront certainement pas de les feuilleter, ou d'y regarder de plus près sur internet. C'est ainsi. Je le fais aujourd'hui et pas seulement chez le coiffeur !
Une attitude banale à l'instar de beaucoup de Français, à la seule condition que
Nos choix fondamentaux ne soient jamais dictés par "l'image" de tel ou telle.
Voici les chiffres de vente de la presse People (+ 5,79 % en 2005 - Source OJD) parus dans le Monde du 11 août :
On comprend mieux la difficulté des femmes et de hommes politiques face à un tel potentiel de lecteurs.
France Dimanche : 485 665 ex
Voici : 483 432 ex
Closer : 399 589 ex
Ici Paris : 390 044 ex
Public : 346 012ex
Gala : 301 197 ex
VSD : 210 000 ex
TEMOIGNAGE... le vrai, celui d'Aminata Diallo expulsée
Charlotte ROTMAN a contacté Aminata Diallo à Bamako. Elle raconte son histoire dans un article de Libération parue ce samedi 12 août.
Aminata Diallo est née en France, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), il y a dix-neuf ans. Elle est l'une des rares jeunes majeurs expulsés cet été. Aminata a vécu au Mali jusqu'à l'an dernier. En septembre 2005, elle est entrée en terminale dans un lycée à Sarreguemines (Moselle) pour passer son bac. Considérant qu'elle ne relevait «aucunement du champ d'application de la circulaire du 13 juin» les autorités françaises l'ont remise dans l'avion le 20 juillet.
«Je n'ai pas envie de rester ici. Je veux retourner en France pour étudier. Mes parents veulent des enfants intelligents. Et je suis l'aînée. Mon père est strict au niveau des études. Pour lui, c'est la priorité. Au Mali, il n'y a rien. Il n'y a pas de niveau. Je ne peux pas aller loin. J'ai de l'ambition, moi. J'espère une réponse de l'administration française d'ici à la rentrée. Avant d'être expulsée, je pensais à un BTS de commerce international, puis une maîtrise. Mais je n'ai pas envie de passer par des chemins illégaux.
«En France, j'étais chez un oncle à Sarreguemines. C'est un ancien mineur. A Sarreguemines, les gens sont plus racistes qu'à Paris. Une fois, en rentrant du lycée je me suis fait cracher dessus. C'était des jeunes. Ils m'ont dit : "Sale Nègre, rentre dans ton pays." Dans cette région, il n'y a pas beaucoup d'Africains. Dans mon lycée il y en avait deux.
«Je connais bien Paris. Je suis née à Aubervilliers. J'ai plus de famille en région parisienne qu'à Bamako. Mon père est homme d'affaires, ma mère commerçante, ils voyagent beaucoup. A Sarreguemines, ma famille me rendait visite. Je ne me sentais pas seule. Moins qu'ici.
«J'ai raté mon bac ES. En fait, je ne savais même pas si je pouvais le passer. J'ai même hésité.
J'avais peur qu'on vienne me chercher. Finalement, j'ai été arrêtée pendant un contrôle d'identité, en voiture avec mon oncle à un péage à Metz. J'ai été placée en garde à vue, puis dix-sept jours en rétention administrative. Je n'avais pas parlé de ma situation. Je savais que je n'avais pas le droit d'être en France. C'était très stressant. J'avais demandé à mon oncle: "Qu'est ce que je peux faire?" Il m'avait dit : "Passe ton bac d'abord." Je pensais demander un visa de long séjour pour étudier en France après. Le jour de mon expulsion, il y avait des gens de RESF à l'aéroport ( Libération du 21 juillet). Je ne l'ai su qu'après parce qu'on m'avait confisqué mon téléphone. Mais en fait, RESF m'avait envoyé plein de textos : "On est tous là", "On est mobilisés pour toi."
«Dans l'avion, on m'a embarquée avant tout le monde. Je ne me suis pas débattue. Il y avait deux autres Maliens expulsés avec des policiers, mais ils n'étaient pas à côté de moi. Une fois que l'avion a décollé, je me suis dit : "Comment faire ? Je n'aurai jamais de visa."
«Ici, j'attends que ça passe. Mes copines sont en France. Elles vont y faire des études. Je ne fais pas grand-chose. Mes parents m'emmènent au cinéma. Mon expulsion, ce n'est pas un truc qu'on peut oublier comme ça. Là-bas, j'étais heureuse.
Je suis née en France donc je pensais que je pourrais y rester, qu'on allait me régulariser. J'ai juste voulu passer mon bac. Je veux vraiment y retourner.»
TEMOIGNAGE infiniment plus juste (et moins médiatique)
que celui d' un certain candidat, Ministre de l'Intérieur...
10 août 2006
L'angoisse des familles grandit avant la date butoir du 13 août
Lire l'article du Monde du 10 août 2006
- Près de 24 000 dossiers de demande de régularisation de familles sans papiers d'enfants scolarisés ont été déposés dans 30 préfectures, et 5 000 à 6 000 devraient donner droit à l'obtention d'un titre de séjour, a annoncé, mercredi 9 août, le ministère de l'intérieur. Ces 30 préfectures concentrent 90 % des demandes, a précisé le ministère, interrogé sur une information de La Croix de jeudi faisant état de 30 000 dépôts de dossier qui devraient aboutir à 6 000 régularisations. "Le flot de dépôt de dossiers est en train de se tarir considérablement", a affirmé l'intérieur.
- Ces chiffres ont aussitôt été dénoncés par le Réseau éducation sans frontières (RESF), qui craint un "quota" de régularisations. "Cela me paraît très grave, cela veut dire que tous les dossiers ne seront pas examinés de la même manière puisque, quand on verra que le quota est atteint [5 000 à 6 000], on refusera les autres", a déploré Brigitte Wieser, une porte-parole du réseau d'associations.
- Dimanche 13 août, date limite de dépôt des dossiers
La date butoir fixée par le ministre au moment de la publication de la circulaire du 13 juin qui définit différents critères de régularisation, parmi lesquels la scolarisation effective des enfants depuis septembre 2005, était celle du 13 août, soit dimanche prochain. Mais le ministère a assuré, mercredi, avoir donné la consigne aux préfectures de traiter de la même manière les dossiers qui parviendraient dans "les jours suivant cette date limite" s'ils étaient complets.
"On ne veut pas de quelques jours supplémentaires, on veut un délai jusqu'au 13 septembre car certaines familles n'apprendront qu'au moment de la rentrée qu'elles ont la possibilité d'être régularisées", a réagi la responsable de RESF.
Nicolas Sarkozy avait affirmé, le 24 juillet, qu'il prévoyait, en tout, 20 000 demandes de régularisation de familles sans papiers. Il avait également estimé que 30 % des demandes pourraient être satisfaites, ce qui signifiait quelque 6 000 cartes de séjour attribuées. A la date du 13 juillet, 14 000 étrangers avaient déposé une demande de régularisation, 580 titres de séjour avaient été délivrés et 700 refusés, selon des chiffres annoncés par le ministre.
Mon commentaire :
On voit bien que le piège risque de se refermer sur les familles concernées en raison d'un nombre "6000 régularisations" annnoncé à l'avance (!) par Nicolas Sarkozy. Ce nombre devraitêtre largement dépassé si les Préfectures continuent à instruire sérieusement les dossiers, les derniers arrivés comme les premiers, et si la date butoir du 13 août est levée car elle n'a pas de sensen soi. De nombreuses voix s'élèvent pour réclamer qu'elle soit repoussée.
La Mobilisation continue. Dans le Val d'oise RESF :
http://www.educationsansfrontieres.org/article.php3?id_article=843
09 août 2006
Quand MITTERRAND analysait CHIRAC ...
En reprenant ma lecture du "Cétait François Mitterrand" de jacques ATTALI, je me suis attardé sur ce jugement du Président sur celui qui était alors son Premier Ministre et futur successeur :


14 juillet 1986 (Documentation Française) 1987, ouverture des jeux de l'Avenir
Dès 1986, après la victoire de la droite aux élections législatives et la nomination de Jacques Chirac comme Premier Ministre, leurs rapports furent tendus, voire explosifs. Lorsque Chirac voulut inclure dans la liste des entreprises à privatiser par ordonnance, les entreprises nationalisées en 1945, Mitterrand refusa tout net en confiant à Attali :
"On va voir ce qu'il (Chirac). Il changera trois fois d'avis, puis il cèdera... Ce n'et pas un mauvais type !".
C'est ce qui se passa.
Autre passage, après le débat présidentiel du second tour de 1988 entre les 2 hommes :
voir la vidéo disponible sur le site de l'INA :
http://video.google.fr/videoplay?docid=3219660037951274205&q=owner%3Aina
- "je ne savais pas que Mitterrand me détestait autant" aurait confié Chirac.
- En fait nous rapporte Attali, Mitterrand lui trouvait du charme, de l'énergie, de la volonté, une réelle connaissance du pays. Toutes qualités gâchées, selon lui, par l'esprit de clan et un goût immodéré de l'improvisation.
On ne saurait mieux dire de jacques Chirac.
06 août 2006
Quand François HOLLANDE rappelle avec raison un principe de base
A vouloir utiliser les parrainages pour permettre ou favoriser telle ou telle candidature au gré de jeux "stratégiques et subtils", les partis qui ont un grand nombre d'élus parrains potentiels, ont perverti cette procédure et favorisé une dispersion néfaste à la clarté du débat politique, dans le cadre institutionnel qui est le nôtre :
- 16 candidats ou plus, est ce vraiment la bonne formule pour permettre aux français d'exprimer un choix clair ?
A l'évidence NON.
Ceux que l'on appelle "les petits candidats" à l'élection présidentielle ont longtemps bénéficié de cet appui bienveillant et piloté. Le PS a longtemps permis "cette pratique démocratique".
Il doit aujourd'hui en tirer les conséquences et revenir à une pratique claire : Des élus PS soutiennent un(e) candidat(e) PS car nous n'avons pas à favoriser certaines candidatures qui, une fois acquises, auraient pour objectif premier de nous prendre pour cible.
Ceci est une un constat déplorable certes, mais bien réel. C'est pourquoi, je trouve complètement légitime le recadrage de notre Premier Secrétaire :
photo extraite du site de France 2
"Quand on est un élu socialiste, la moindre des cohérences, c'est de donner sa signature au candidat socialiste", a déclaré François Hollande qui a envoyé une lettre allant dans ce sens aux élus PS, lettre Cosignée avec Claudy Lebreton, le Président de la fédération nationale des élus socialistes et républicains.
"L'élection présidentielle, n'est pas un bazar, un barnum où chacun vient débattre et où on est indifférent à la situation du second tour", a-t-il dit.
Pour répondre à Christiane Taubira (PRG) qui s'est indignée de cette consigne sur France Inter, il ne s'agit ni d'affolement, ni de panique, ni d'une déclaration d'hostilité envers les partenaires du PS.
Elle fait valoir qu'aux termes de la Constitution, "un élu n'a pas à recevoir d'ordre, même pas d'un chef de parti, il doit obéir à sa conscience".
Et aussi à Alain Krivine (LCR) qui dénonce qui l'initiative "dangereuse pour le pluralisme" de François Hollande. "Ca vise de façon administrative à aligner toute la gauche derrière le PS au premier tour. Et ça, je crois que c'est extrêmement grave. Ca veut dire qu'on aura plus que le choix qu'entre une droite dure et une gauche molle".
Voilà bien la petite musique attendue : Le PS serait un parti hégémonique qui ne permet pas l'expression des autres voix de la gauche ! Va pour cette caricature éculée...
Les élus PS n'ont de leçon de démocratie à recevoir de quiconque, aussi estimable soit il, et j'ai plutôt de la sympathie pour les 2 leaders qui se sont exprimés.
Les élus PS se sont présentés devant les électeurs avec une étiquette politique, quelle que soit l' équation personnelle du candidat et les particularités locales. Ils ont le devoir de respecter les règles établies par leur formation et d'agir en conséquence pour ne pas gêner le candidat issu de leurs rangs.
Il est grand temps de sortir de ces images frelatées, d'une Gauche divisée plus prompte à s'invectiver et à se déchirer qu'à se rassembler contre la Droite qui devrait être notre seul adversaire.





