25 août 2007
"Oracle" attendu dans la France profonde... s'il ne pleut pas

L'heure des comptes, le choix des armes, en piste !
La une de Libé nous suggère les maux qui minent le PS :
Le nombrilisme, les rancoeurs, l'alignement idéologique.
Rien de tout cela n'est créateur d'espoir ni de renouveau.
Les militants n'attendent pas "un chef déifié" version UMP.
Nous réclamons d'être au clair sur nos valeurs et sur le réel.
A force de ne plus le dire simplement, on pourrait en douter :
Nous n'avons strictement rien à voir avec l'idéologie sarkozyste !
" Il faut castrer le populisme pénal "
3 articles et un édito vidéo à contre courant d'une justice populiste et médiatique.
Libération du 24 août : Populisme pénal :
http://www.liberation.fr/rebonds
Extrait ...La vox populi est devancée, la procédure pénale instrumentalisée, les faits-divers exploités dans un registre d’une pauvreté inouïe. Ne reste plus à ce populisme pénal désormais parfaitement rodé qu’à baptiser sa nième réforme du nom du multirécidiviste interpellé quelques jours auparavant...
Libération du 25 août : L’hôpital de Québec à l’écoute des délinquants sexuels :
http://www.liberation.fr/actualite/societe
Extrait...Avec la thérapie, nous dépensons environ 10 000 $ [6 975 €, ndlr] par an et par patient alors qu’enfermer un délinquant dans une prison pendant la même période coûte 65 000 $ [45 340 €] dans les pénitenciers provinciaux où ils ne reçoivent aucun traitement et 100 000 $ [69 750 €] dans les geôles fédérales. La société a donc tout à y gagner.»
Libération du 25 août : La voie thérapeutique est la solution la plus sûre (Canada):
http://www.liberation.fr/actualite/societe
Extrait...Quid de la castration chirurgicale ? «Un leurre qui ne constitue en rien un traitement, mais qui est une punition servant à donner bonne conscience à des politiciens opportunistes.» Et l’enfermement ? «Irréaliste ! Il faudra bien qu’ils sortent un jour de prison, ce d’autant que 30 % des agresseurs sont des adolescents. Si on ne les aide pas à redevenir des citoyens responsables de leur vie, comment éviter la récidive ?»
L'Express du 20 août : Emotion et Justice, édito vidéo très mesuré de Christophe Barbier :
http://www.lexpress.fr/idees/debats/dossier/editobarbier/dossier.asp?ida=459306
24 août 2007
Argenteuil : ça pue... à l'hotel de ville
La municipalité argenteuillaise dirigée par le Député Maire UMP Georges Mothron aurait décidé de faire asperger les lieux de prédilection des SDF en centre ville d'un produit répulsif et nauséabond pendant plusieurs semaines ! Les employés municipaux n'ont pas, et fort heureusement, obéi à cette sinistre demande.
Ce n'est pas une farce, c'est la triste réalité à quelques kilomètres de Franconville.
Lire sur le site de Libé http://www.liberation.fr :
"Le maire d'Argenteuil chasse le SDF au répulsif"
Lire sur le site du Monde http://www.lemonde.fr :
Argenteuil, des produits nauséabonds seraient utilisés pour chasser les SDF du centre-ville
Les oies de l'Elysée ou le gavage médiatique
Avec un Sarkozy toujours en campagne, il n'est question que de communication sur la totalité des faits divers, malheureux, infiniment tristes, révoltants, tragiques etc. choisissez le qualificatif que vous voudrez. Le Président de la République s'exprime tous les jours, sur tout et sur rien, devant force caméras, au 20h, en boucle. Il promet ici de "changer la loi", loi que le plus souvent personne ne connaît et que les journalistes ne se donnent même plus la peine de rappeler ! Plus loin, il vitupère, montre du doigt, prend à témoin l'opinion, bref "il cause dans le poste" car rien, rien pour lui n'est plus important que cette omniprésence.
C'est proprement hallucinant et perturbant c'est vrai, car cette avalanche de mots, cette mise en scène permanente donne le tournis. "Il" est censé régler en une apparition, en un coup de téléphone tous les problèmes. Chacun se croit désormais obligé d'en appeler à lui directement et lui de répondre présent... pourvu qu'il y trouve son compte médiatique.
Ecoutez le document audio publié dans le Monde du 23 août 2007
Dominique Reynié, politologue au CEVIPOF
http://www.lemonde.fr/web/panorama
La rétention n'est pas la prison et pourtant ...

Photos de centres de rétention en France
Http://www.assezdhumiliation.org
Pour lutter contre les préjugés sur les migrants
Guide édité par la CIMADE
http://www.cimade.org
La génèse d'une bulle par Joseph Stiglitz *


L'heure des comptes a sonné pour les Américains qui vivaient au dessus de leurs moyens
Les pessimistes qui depuis longtemps avaient prévu que l’économie américaine allait connaitre des problèmes semblent finalement être confortés par les événements. Bien-sûr, il n’y a pas à se réjouir à la vue des valeurs boursières qui s’effondrent à cause de l’accroissement des défaillances d’emprunts hypothécaires.
Mais cela était largement prévisible, tout comme le sont les conséquences vraisemblables à la fois pour les millions d’Américains qui vont faire face à une détresse financière et pour l’économie dans son ensemble.
L’histoire remonte à la récession de 2001. Avec le soutien de l’ex-président de la Réserve Fédérale Alan Greenspan, le président américain George W. Bush avait fait passer une diminution des impôts dont devaient bénéficier les Américains les plus riches sans pour autant sortir l’économie de la récession qui suivit l’éclatement de la bulle internet.
Après cette erreur, la Fed n’avait alors que peu de marge de manoeuvre pour remplir sa mission de maintien de la croissance et de l’emploi. Elle devait baisser les taux d’intérêt, ce qu’elle fit d’une façon qui ne connaît pas de précédent historique - en descendant jusqu’à 1%.
Cela fonctionna, mais d’une façon fondamentalement différente dont la politique monétaire fonctionne normalement. Habituellement, les taux d’intérêt faibles conduisent les firmes à emprunter davantage pour investir davantage, et l’endettement accru est compensé par une productivité plus grande des actifs.
Mais étant donné que le sur-investissement des années 1990 faisait partie du problème ayant entraîné la récession, les taux d’intérêt plus faibles n’ont pas beaucoup stimulé l’investissement. La croissance économique a eu lieu, mais principalement grâce aux familles américaines qu’on persuada de s’endetter davantage, en renégociant leur prêt immobilier et en dépensant une partie des recettes ainsi obtenues. Et, aussi longtemps que le prix de l’immobilier résidentiel augmentait à cause des taux d’intérêt plus faibles, les Américains pouvaient se permettre d’ignorer leur endettement croissant.
Pour autant, cela ne stimula pas suffisamment l’économie. Afin que plus de personnes empruntent plus d’argent, les critères d’accès au crédit hypothécaire furent assouplis, ce qui alimenta la croissance de crédit dits « subprime » [Il s’agit de crédits hypothécaires accordés à des emprunteurs peu solvables, et dont les intérêts sont anormalement élevés pour compenser ce risque] . De plus, on inventa de nouveaux produits financiers, qui abaissèrent le montant des apports initiaux, ce qui encouragea les personnes à prendre en charge des crédits plus élevés.
Certains crédits avaient même un amortissement négatif : les paiements ne compensaient pas les intérêts dus, de telle sorte que chaque mois la dette augmentait plus encore. Les remboursements fixes, avec des intérêts à 6%, furent remplacés par des crédits à taux variable, dont les taux de remboursements étaient liés aux taux à court terme des bons du Trésor.
Ce qu’on appela les « teaser rates » (taux incitatifs) proposaient des paiements encore plus faibles pendant les premières années du remboursement. Ils étaient incitatifs en ce sens qu’ils s’appuyaient sur le fait que beaucoup d’emprunteurs n’étaient pas aguerris en matière de finance et ne comprenaient pas vraiment à quoi ils s’engageaient.
Et Greenspan les incita à cumuler les risques en encourageant ces crédits à taux variables. Le 23 février 2004, il fit remarquer que « beaucoup de propriétaires auraient pu économiser des dizaines de milliers de dollars s’ils avaient contracté des crédits à taux variable plutôt que des crédits à taux fixe ces dix dernières années ».
Mais Greenspan s’attendait-il vraiment à ce que les taux d’intérêt se maintiennent en permanence à 1% - un taux d’intérêt réel négatif ? Ne se préoccupait-il donc pas de ce qui arriverait aux Américains pauvres ayant contracté des crédits à taux d’intérêt variable si les taux d’intérêt se mettaient à augmenter, comme cela devait arriver ?
Bien-entendu, de par la conduite de Greenspan, sous son autorité l’économie fit mieux que ce qu’elle aurait dû. Mais ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle ne puisse plus être maintenue à ce niveau de performance.
Par chance, de nombreux Américains n’ont pas suivi le conseil de Greenspan de passer à des crédits à taux d’intérêt variable. Cependant, malgré l’augmentation des taux d’intérêt à court terme, l’heure des comptes fut retardée car de nouveaux emprunteurs pouvaient obtenir des crédits à des taux fixes qui eux ne répercutaient pas cette hausse.
Curieusement, bien que les taux d’intérêt à court terme augmentaient, les taux d’intérêt à moyen et long terme ne bougeaient pas, une véritable "énigme" [Stiglitz fait référence à l’inversion de la courbe habituelle des rendements sur les bons du Trésor US, entre le court et le long terme, à laquelle on a assisté l’année dernière. En temps normal, la rémunération est plus élevée pour l’argent prêté sur de longues périodes, pour compenser l’indisponibilité de ses fonds à laquelle consent le prêteur. En 2006, une partie de la courbe s’est inversée, avec une rémunération plus forte à court terme (< à 6 mois) qu’à moyen terme (< à 10 ans). Historiquement, aux USA, ce type d’inversion apparait avant les périodes de récession]
Une hypothèse est que les banques centrales étrangères qui accumulaient des milliers de milliards de dollars prirent conscience qu’elles allaient certainement détenir ces réserves pendant des années, et pouvaient ainsi se permettre d’investir au moins une partie de cet argent dans des bons du trésor à moyen terme dont le rendement - au début - était bien plus élevé que les bons du trésor à court terme.
La bulle de l’immobilier résidentiel finit par éclater et, avec la baisse des prix, certains découvrirent que le montant de leur crédit dépassait la valeur de leur résidence. D’autres s’aperçurent qu’à mesure que les taux d’intérêt augmentaient, ils ne pouvaient simplement plus payer les remboursements.
De trop nombreux américains ne se sont pas prémunis contre les aléas budgétaires, et les sociétés de crédit, préoccupées uniquement par les revenus générés par les nouveaux crédits, ne les ont pas encouragés dans ce sens.
Les conséquences de l’éclatement de la bulle immobilière étaient toutes aussi prévisibles que cette dernière : les ventes d’immobilier résidentiel, neuves ou non, sont en baisse et le stock d’immobilier résidentiel en hausse. Selon certains chiffrages, plus des deux-tiers de l’accroissement de la production et de l’emploi sur les six dernières années est lié à l’immobilier, ce qui est l’effet à la fois de l’immobilier résidentiel neuf et du recours par les ménages à des emprunts adossés sur la valeur de leur habitation afin d’entretenir une fièvre consommatrice.
La bulle de l’immobilier résidentiel induisit les Américains à vivre au-delà de leurs moyens - l’épargne nette est négative depuis deux ans. Avec l’arrêt de ce moteur de la croissance, il est difficile de voir comment l’économie américaine pourrait échapper à un ralentissement. Un retour à des finances saines sera bénéfique à long terme, mais à court terme cela réduira la demande agrégée.
Selon un vieil adage, les erreurs survivent longtemps à ceux qui les ont commises. Cela est certainement vrai pour Greenspan. Et pour ce qui est de Bush, nous commençons à en subir les conséquences avant même son départ.
* Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, est professeur d’économie à l’Université de Columbia et ancien président des Conseillers Économiques du président américain Bill Clinton ainsi que économiste en chef et vice président de la Banque Mondiale.
Article repris sur http://contreinfo.info
Publication originale Information Clearing house
Traduction pour Contre Info : Yann Le Du
20 août 2007
Quand une Ministre dit "n'importe quoi" sur un plateau télé
Sur la plateau de France 2, Rachida Dati, ministre de la justice vient de déclarer :
"L'administration pénitentiaire aura accès au dossier médical (des détenus)".
Au delà de l'émotion légitime qui a saisi l'opinion à la suite du rapt et des violences subies récemment par un enfant de 5ans, il convient que les responsables cessent les annonces et la communication et qu'ils travaillent avec les professionnels pour rétablir la nécessaire chaîne pénale quitte à en modifier certains maillons.
La pédophilie est une déviance, une maladie très difficile à appréhender et à soigner. Encore faut il s'en donner les moyens (voir l'expérience canadienne). Cela demande un diagnostic précis du problème dans notre pays, l'arrêt de la multiplication des lois "d'émotion", l'analyse de celles qui existent et surtout, surtout des moyens pour permettre à la Justice et aux acteurs médico-judiciaires de jouer pleinement leur rôle.
Remettre en cause le secret médical sur un plateau télé entre la poire et le fromage est une faute, au minimum une légereté coupable, au pire une incroyable bévue.
J'appelle mes collègues médecins à la plus grande vigilance
La diplomatie française KO dans le chaos irakien...
Photo Reuters - site de Libération
Le Gouvernement irakien a "la légitimité" que lui confère la présence massive de forces américaines sur son sol.
La diplomatie française s'était singulariée avec la déclaration de Dominique De Villepin à l'ONU en 2003. La prise de position contre cette guerre absurde avait rencontré à juste titre l'assentiment d'une très grande majorité de Français et le respect des nombreux pays qui ont résisté comme nous au rouleau compresseur américain et aux faussés évidences érigées en "preuves".
On peut réécouter (hélas en anglais) l'intervention de DDV.
http://www.dailymotion.com/relevance/search/villepin+ONU/video/xw0qg_saddam-villepin-discours-onu_news
Le Président de la République opère un revirement habillé pour la circonstance et attesté par la présence de Bernard Kouchner (Le pauvre !) à Bagdad. Nicolas Sarkozy (comme Bernard Kouchner même s'il s'en défend) avait, faut il le rappeler, penché à l'époque pour l'intervention avant de se raviser lors de la campagne électorale.
Relire l'article de B. Kouchner dans le Monde le 04 février 2003 :
http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-945704,0.html







