sarkozy_a_cheval Rappelez vous cette image de l'AFP totalement  fabriquée pour les media lors de la campagne du candidat Sarkozy en 2007. Elle illustre la posture de l'homme et "l'imposture" de la photo sans les journalistes agglutinés sur un véhicule à quelques mètres. Aujourd'hui, devenu Président, il use et abuse de la même technique, il fait de l'évènementiel. C'est un vrai métier mais ce n'est pas celui pour lequel il a été élu pour reprendre sa phrase favorite. A l'heure où les grands sujets de débat ne manquent pas, de la réforme des collectivités et la suppression de la taxe professionnelle au Grand Paris en "passant par la Lorraine (le Jura pour être exact) avec mes sabots dondaine" (en l'éspèce les gros sabots d'Eric Besson), le cavalier (?) devenu Président nous parle de la terre, sic !!!

Je ne connais ni le Jura, ni la Lorraine (ça viendra) mais je suis avec attention ce qui s'écrit depuis que Besson, en service commandé, a lancé le débat sur l'identité nationale. Pourquoi pas disent les uns, la France n'a que trop tardé à s'interroger, ligne jaune disent les autres qui pointent les risques de dérapages. Qu'en est-il ? Et pourquoi maintenant ?

Besson a lancé le pétard dimanche et Sarkozy a allumé la mèche mardi dans un discours consacré aux difficultés bien réelles du monde agricole qui manifeste sa colère depuis des mois, Sarkozy a choisi une conclusion qui mérite qu'on s'y arrête. J'ai repris l'intégralité de ces propos car je ne veux en aucun cas les tronquer. Ils parlent d'eux mêmes et ne manquent pas d'inquiéter sur leur finalité. C'est manifestement encore un coup, un coup dont il est expert, un coup de manoeuvrier qui s'échappe encore une fois "en créant le débat" ou plutôt ici un énième faux débat. Mais peu lui importe car ce qui compte c'est encore et toujours de créer un nouvel écran de fumée, puis un autre, puis encore un etc. C'est sans fin et pendant ce temps là, on parle moins dans les media des difficultés socio-économique du pays, et ce en pleine discussion budgétaire !

Que nous dit le Président de la République :
"La France a un lien charnel avec son agriculture, j'ose le mot : avec sa terre. Le mot "terre" a une signification française et j'ai été élu pour défendre l'identité nationale française.Ces mots ne me font pas peur, je les revendique. La France a une identité particulière qui n'est pas au dessus des autres mais qui est la sienne et je ne comprends pas qu'on puisse hésiter à prononcer ces mots "Identité nationale française". Ils ne sont agressifs envers personne. Ils sont simplement l'expression du devoir que nous devons aux générations qui nous ont précédés et qui ont fait au prix de leur vies et de leur sang ce que la France est devenue. Eh bien, la terre fait partie de cette identité nationale française. Et cette identité nationale française est constituée notamment par le rapport singulier des français avec la terre. Toutes les familles de France ont des grands parents, qui à un moment ou un autre, ont travaillé la terre."   

Faut-il y voir de la part de la plume du Président qui n'en est pas à son coup d'essai dans l'usage des images historiques, un appel à une France "éternelle", rurale, terrienne en opposition à l'autre France, celle des immigrés d'hier et d'aujourd'hui qui poserait problème ? Pas de procès d'intention mais une hyper-vigilance car ces mots ne peuvent pas être  le fruit du hasard chez celui qui a manipulé indifféremment tous les symboles en direction de tous les publics.

La terre c'est d'abord la planète qui est notre bien commun, c'est aussi la terre d'asile, c'est enfin celle qui colle à nos chaussures d'où que nous venions et où que nous allions. L'identité des Français est multiple heureusement et ne s'arrête ni aux paroisses de l'ancien régime, ni aux contours de nos communes ou de nos départements. Notre pays n'a pas vocation à différencier ses enfants de naissance ou d'adoption, mais à rappeler à chacun les valeurs communes de la République. Rappeler aussi qu'elle fut la fruit d'une lutte acharnée et toutes les tentatives pour rorgner la liberté d'être ce que nous sommes, des êtres différents, tous dépositaires d'une double histoire à la fois singulière et partagée, doivent être combattues.

Le petit jeu des "avec ou sans terre" :
Mes arrière grands-parents et grands-parents sans terre devenus français grâce au décret Crémieux de 1871, né dans un département français, celui d'Alger toujours sans terre, depuis 47 ans sur le sol de France, en Métropole comme on dit encore, toujours sans terre, totalement français, toujours sans terre mais pas sans racines, comme la totalité de mes "frères de  France", et viscéralement attaché à nos valeurs républicaines.