didier_arnal_2 La séance du 15 janvier promettait d'être longue. Elle le fut avec le débat d'orientations budgétaires (DOB) et surtout celui autour de la contractualisation des investissements au profit des communes.

La position de la droite valdoisienne est apparue rapidement contradictoire au regard de ces deux dossiers. Dans un premier temps, le Président du groupe UVO Arnaud Bazin, a vertement critiqué la gestion de l'exécutif. Jusque là rien que de très habituel et j'imaginais qu'il ferait le lien avec le débat sur le dossier complexe de l'aide aux communes. Il n'en fut rien, il en fut étrangement et totalement absent sur un dossier qualifié par lui-même et son groupe de très sensible et d'essentiel. Que n'a-t-il écrit ici ou là ! Il n'avait pas de mots assez durs pour nous attaquer, et à titre personnel ou au nom de mon groupe, je ne me suis pas privé de lui répondre.

Quelles explications à cet effacement soudain et que je n'avais pas anticipé :

  • La conviction que le texte était une avancée ? Peut-être...
    La conviction que la cause entendue, il valait mieux rentrer aux abris ? Peut-être...
    La conviction de n'être que le leader virtuel du groupe de droite ? Peut-être...

L'UVO a envoyé en première ligne ses conseillers généraux du Vexin que l'on qualifie abusivement de "modérés" et "d'indépendants". En effet, ne mêlent-ils pas toujours leurs voix à celles de leurs collègues UMP encartés, et notamment sur le soutien indéfectible aux politiques gouvernementales. Comment peuvent ils défendre des positions contradictoires sans voir la poutre qu'ils ont dans l'oeil ? Est-ce de l'habileté politique destinée à leurs électeurs ou une analyse erronée des enjeux et de la réalité au delà de la frontière de leur canton ? A eux de répondre, je penche pour un mix des deux.

Faut-il y voir la limite du mandat de conseiller général dont personne, sauf en zone rurale c'est vrai, ne perçoit l'action conseillers généraux qui ont souvent (à de rares exceptionsdont je suis) la particularité d'être également Maires. Je le crois et ce dossier permet de conforter cette réalité. Seule la défense de l'intérêt général doit guider nos actions que l'on soit l'élu d'Ennery, de Sagy, de Viarmes, de Villiers-le Bel, de Sannois ou à d'Argenteuil (et bien sûr de Franconville). Cela n'interdit nullement de porter les dossiers de son canton qu'il soit rural et fait de multiples villages ou urbain comme le mien. L'intérêt départemental et des populations qui le composent doit toujours être au coeur de nos décisions.

Sur le dossier de l'aide aux communes, nous avions pris l'engagement de la rendre plus équitable. Le principe adopté, il s'est agi d'écrire la partition. A titre personnel, j'avais proposé une contribution sur le sujet lors d'un séminaire de la majorité en juin 2008. Après un temps de latence lié à l'installation aux responsabilités  et occupés par d'autres sujets, nous avons commencé l'élaboration du projet.

Des tensions bien normales, souvent à géométrie variable, ont surgi parmi nous, parmi nos amis politiques, parmi de très nombreux élus interrogés sur le sujet, les lignes de fracture ne recouvrant pas toujours les clivages politiques mais plus souvent les responsabilités locales exercées par les uns et les autres.

  • Fallait-il avoir une lecture "électoraliste" des cantons, ce que nous reprochons à la droite au niveau national depuis longtemps et notamment l'absence de prise en compte du niveau de population dans le découpage cantonal, réponse non. Et pourtant, cette vision que j'appelerais "de l'urne" est tentante car il faut exercer le pouvoir pour réformer cqfd. 

  • Fallait-il renoncer à rendre transparente l'aide aux communes, à promouvoir des projets structurants là où ils sont manquants, insuffler de l'équité sociale et introduire le développemet durable, au delà de la complexité bien réelle du dossier, réponse non.

Je dis aux Maires, ruraux pour la plupart, mais pas seulement, engagés vent debout contre cette réforme, des Maires mal informés par leurs conseillers généraux soucieux d'entretenir le doute, de revenir à la sérénité. J'ai entendu les plus folles rumeurs et reçu d'inombrables coups de fil inquiets avant  que le projet ne soit voté par l'assemblée. C'est un rapport cadre qui permet enfin une première réponse positive et lisible. A nous tous collectivement de faire que cette réforme soit un grand succès et que les communes de toute taille se l'approprient.

Un mot sur les positions du groupe UMP-UVO qui relaie l'action gouvernementale au sein de notre assemblée et qui approuve finalement sans le dire la disparition annoncée du département et au minimum la fin annoncée de la clause de compétence générale (la capacité pour une collectivité de s'occuper d'autre chose que de ses compétences propres au sens strict : pour les départements, l'action sociale, les routes, les collèges,le SDIS (les pompiers) mais pas le sport, pas la culture, pas l'Université, pas la santé, pas l'aide aux associations, pas l'aide à l'investissemnt des communes etc.
Et pourtant qui peut contester la nécessité des actions menées en partenariat avec les villes et la Région par exemple, elle aussi menacée par la réforme voulue par Nicolas Sarkozy. Vouloir couper les ailes aux collectivités territoriales au prétexte qu'elles sont dépensières, qu'il y a trop d'élus est non seulement une ineptie mais une faute dans un monde ou la proximité avec les citoyens est un élément indispensable de la décision.
Pire faire croire que les élus sont une charge insupportable pour les finances publiques alors qu'ils sont pour la très grande majorité d'entre eux non indemnisés, est un  mensonge qu'il faut dénoncer et qui participe d'un populisme assumé mais particulièrement dangereux.