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L'enfumage en bleu continue et tourne en boucle sur toutes les télés jusqu'à la Ministre des sports qui ose une sortie navrante à l'Assemblée Nationale. Nous vivons en direct la victoire d'une communication efficace et très organisée par les gouvernants qui permet d'occulter quasiment tout le reste. La France interrogée avant la coupe du monde ne se faisait guère d'illusions sur les chances de son équipe car celle ci avait montré bien bien des faiblesse et des insuffisances dans le jeu. Mais pour tous les amateurs, il restait un petit brin d'espoir, même ténu, de revivre les moments d'enthousiasme de 98 et à un moindre niveau ceux de 2006.

Fidèles aux rendez-vous devant leurs postes, les Français ont vécu une bérésina sportive totale et le comportement de l'équipe n'a rien arrangé. De là à transfomer une pantalonnade en affaire d'Etat, il y avait une marge. Comme il se serait saisi d'une grande performance des bleus, le pouvoir s'est engouffré très vite dans la brèche profitant de l'exaspération d'une opinion prompte à noyer son équipe.

Qu'est-ce qui est donc si insupportable aujourd'hui qui n'était pas connu hier y compris de l'Elysée et du Ministère des sports.

  • Le choix très discutable de maintenir Domenech à sa tête ?
  • L'impréparartion de l'équipe ?
  • L'isolement délétaire ?
  • L'absence de collectif ?
  • Les salaires exorbitants des joueurs ?
  • Leurs frasques extra conjugales
  • Leur langage dans les vestiaires ?
  • Leurs exigences d'enfants gâtés ?
  • Leur appétence élastique pour le maillot bleu ?

Bref, la liste pourrait être longue comme le bras et rien de ce qui pourrait y figurer n'était inconnu des "autorités sportives et politiques de ce pays.

En cas de succès, on glisse allègrement sur tout cela, et on encense "nos bleus". 
En cas de défaite, on cherche les coupables, on les désigne et on les exécute.

On pouvait croire que ce sport là, la chasse à l'homme, était réservée à quelques dingues ou à une presse de caniveau. Plus maintenant car chacun a voulu sa part d'audience. Le moindre mot, le plus petit évènement a été retransmis en direct !

Cela en dit long sur l'état de notre société, manipulée, martyrisée mais pas encore libérée (pour paraphraser De Gaulle). Alors que des dossiers majeurs pour notre avenir sont débattus comme la réforme des retraites ou celle des collectivités, on enfume l'opinion des plateaux de télé complices, à l'Assemblée Nationale et jusqu'à l'Elysée. 

La responsabilité des politiques qui participent à ce cirque est écrasante et voir nos députés applaudir l'intervention de Roselyne Bachelot est juste affligeant. Une Ministre en exercice qui ose la phrase probablement concoctée par sa plume "petits caïds immatures" pour parler des joueurs de l'équipe de France après les avoir presqu'embrasser sur la bouche quelques jours avant a quelque chose d'indécent !

Pour rafraichir la mémoire d'une Ministre "amnésique", un article paru de 20 minutes du 04 juin 2007 :

La ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, Roselyne Bachelot, a remercié lundi à Clairefontaine les joueurs de l'équipe de France de football, présents devant elle, pour les «moments d'émotion inouïs» qu'ils sont les «seuls à pouvoir offrir.»

«Voici le grand manitou devant lequel on se prosterne»

La ministre a été accueillie à Clairefontaine, où les Bleus sont rassemblés, par Jean-Pierre Escalettes, président de la Fédération française de football, et par le sélectionneur Raymond Domenech auquel elle a lancé: «Ah! Voici le grand manitou devant lequel on se prosterne.» Elle lui a ensuite donné quelques conseils: «Un journaliste n'est jamais ton ami, il aura raison toujours contre toi et il est paresseux. C'est un ami à moi, un ancien journaliste qui me l'a dit.»
Elle a ensuite expliqué les raisons de sa présence au Stade de France: «Le football est le sport le plus populaire, il est porté par l'excellence de l'équipe de France. C'était normal que je lui consacre une de mes premières sorties publiques.»