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J'ai longtemps considéré Nicolas Sarkozy comme un républicain de droite malgré l'ensemble de ses déclarations tapageuses voire guerrières depuis 2002. A l'origine, chacun se souvient que son volontarisme affirmé sur les questions de sécurité avait séduit au delà de la droite. Dans nos rangs nombre de Socialistes encore sonnés par le désastre du 21 avril étaient prêts à la course à la surenchère sans en mesurer les conséquences. Je n'en ai jamais été car je considère que le sujet de la sécurité ne supporte aucune démagogie, aucune rodomontade, mais justifie au contraire un travail de titan sur le long terme.

Les dérapages contre les gens du voyage et les Français d'origine étrangère sont autant de coups portés aux valeurs auxquelles je suis profondément attaché. Quand Nicolas Sarkozy et sa garde rapprochée entonne un tel registre, ils le font sciamment pour évacuer les affaires qui agitent le pouvoir avec en ligne de mire l'électorat frontiste pour 2012.

A chaque fois que le clan Sarkozy est aux abois, il enfourche le discours de la surenchère sécuritaire. Mais depuis vendredi et le discours de Grenoble relayé par les snipers Hortefeux, Estrosi, Ciotti etc. (Frédéric Lefebvre doit être en vacances) un palier a été franchi. L'autre, l'étranger fut-il Français naturalisé a été clairement désigné comme suspect.

Où sont les sarkozystes de seconde génération, pas les ralliés passés à droite dès 1987, ceux-là ils assument, mais les autres, ceux volontiers classés à Gauche (quelle Gauche?) qui naviguaient à vue dans l'espoir d'un maroquin ou d'une mission "prestigieuse" ? Depuis que le vent semble avoir tourné, ils sont étonnamment muets, désireux de se faire oublier.

Qu'attendent les intellectuels de tous horizons pour hurler leur écoeurement après le discours présidentiel ?

Nous ne sommes plus dans la caricature simpliste "Gauche angélique et droite réaliste".  La politique sécuritaire incarnée par Sarkozy depuis 2002 est une impasse et la stigmatisation de l'Etranger une insulte à nos valeurs. Cette dérive sans fin d'une certaine droite aura eu au moins le mérite de clarifier les positions.