29 juin 2006
Le saut générationnel est indispensable
Lionel JOSPIN a d'évidence les qualités pour prétendre à la Présidence de la République. Il fut notre candidat en 2002 et nous l'avons, nous socialistes, soutenu loyalement et avec enthousiasme. Les électeurs Français, pour des raisons multiples et longuement débattues notamment au sein du PS, ne l'ont pas qualifié pour le second tour, second tour qui a tourné court et s'est délité dans un unanimisme de façade que nous payons encore.
Le quinquennat catastrophique de Jacques CHIRAC, Président certes démocratiquement élu mais par défaut, aura fini de renvoyer à l'histoire l'ensemble des acteurs des 2 dernières campagnes présidentielles.
Je suis d'autant plus à l'aise pour dire cela que j'ai adhéré au PS en 1995 séduit par un candidat qui s'appelait Lionel Jospin. D'autant plus à l'aise encore car j'ai défendu sa décision brutale de quitter la vie politique en assumant la défaite comme un échec personnel, avant d'être un échec collectif. Sa sortie fut digne de l'image qu'il a laissée dans l'opinion, celle d'un homme intègre, d'un homme de convictions, d'un honnête homme.
Une page s'est tournée et le saut générationnel est devenu nécessaire.
Dans notre camp, les talents ne manquent pas et plusieurs ont choisi d'être candidats à la candidature. Dominique, Laurent, Jack ou Ségolène ont pris leur baton de pélerin socialiste, ils fédèrent autour d'eux, ils travaillent, ils proposent et se préparent à débattre à la loyale et à convaincre leurs camarades de la justesse de leur candidature. Certains choisiront peut être de se retirer avant novembre s'ils n'ont pas la capacité de réunir une majorité sur leur nom.
Ce sont les militants, tous les miltants, les nouveaux et les anciens qui désigneront souverainement celle ou celui qui sera leur candidat, le candidat de tous les socialistes.
Aujourd'hui, avec tout le respect du à Lionel Jospin, son retour (?) dans la course à la candidature n'est pas souhaitable car le saut générationnel est inéluctable. Les socialistes valdoisiens comme partout en France comencent à s'engager loyalement auprès des différents candidats déclarés.
J'ai choisi d'apporter mon soutien à DSK
Quel que soit notre choix, nous ne contenterons pas ceux qui rêvent de voir les socialistes "s'étriper" en interne car nous avons conscience de notre responsabilité et de notre place centrale dans le combat victorieux contre la droite.
28 juin 2006
DSK à Paris le 28 juin
Le débat fait partie de notre culture et DSK candidat à la candidature
au sein du PS a choisi de faire vivre ce débat partout en France.
J'ai choisi comme beaucoup d'autres de soutenir sa candidature
10 juin 2006
Afflux de nouveaux adhérents au Parti Socialiste !
C'est une excellente nouvelle qui se confirme à Franconville comme dans toutes les communes voisines de la 4ème circonscription, à Eaubonne, à Ermont, à Saint leu La forêt etc. Toutes les sections socialistes connaissent une arrivée importante de nouveaux militants. Dans le Val d'oise leur nombre a quasiment doublé !
Pourquoi adhèrent ils ?
- A 83 % pour désigner la candidate ou le candidat aux élections présidentielles
- A 52 % pour partiper aux réunions sur le projet
Lire l'étude complète du secrétariat national aux NTIC pour mieux connaître les nouveaux adhérents du PS :
Analyse nouveaux adhérents PS.pdf
05 avril 2006
Rassemblement de la Gauche valdoisienne contre le CPE
Demain soir à 20 h à Argenteuil
Salle Jean Vilar, Bd Héloïse (Bords de seine)
Avec les militants socialistes valdoisiens le 28 mars à Paris.
Au centre Michèle Greneau, Maire de Fontenay en Parisis et
candidate aux dernières élections cantonales de Luzarches.
12 mars 2006
CHOISISSEZ VOUS MEME !
Le PS a choisi d'ouvrir largement ses portes aux citoyens qui se sentent proches de la gauche en vue des échéances majeures de 2007. Il lance une grande campagne d'adhésion et je vous invite à nous rejoindre en adhérant directement
http://www.parti-socialiste.fr/adherer/adherez.php
Ou téléphonez au : 0810 77 2007 [De 9h à 20h - au prix d'une communication locale]
Le Parti Socialiste, aussi imparfait soit il, et je ne suis pas avare de critiques quand je les crois fondées, a l'immense avantage d'ête un parti ouvert mais peu le savent. On a toujours l'impression qu'un parti politique c'est austère, ennuyeux, monolithique, bref un peu un dinosaure qui tenterait de survivre. C'est un peu ça, il y a des règles et des codes évidemment, mais aussi bien autre chose : de la fraternité, des échanges parfois vifs et c'est normal, et l'envie de rester en contact avec le quotidien de tous et de faire bouger les choses, au delà des messages chloroformés du 20 h.
Je suis toujours frappé par l'énergie que mettent les français, et les franconvillois en particulier, dans leurs associations alors que beaucoup abandonnent à quelques uns le champ politique. Je reste un farouche adversaire du clientélisme en politique car c'est un dévoiement de l'action publique. Les élus sont mandatés par une majorité et au service et dans le respect de tous. C'est pourquoi je vous invite à vous exprimer, à nous joindre et peut être à nous rejoindre...
Vous pouvez le faire directement par Mail - gerard.sebaoun@wanadoo.fr, ou par la poste (Mairie ou Conseil général), ou encore en prenant directement contact avec les animateurs de la section locale du PS.
Vos contacts :
Le secrétaire - Jocelyn JOLI - 06 80 87 07 68
La secrétaire adjointe - Colette LEVAILLANT - 06 07 27 36 18
Les élus municipaux du PS : Nous écrire en mairie ou par mail sur ce site.
Gérard SEBAOUN - Conseiller municipal et Conseiller général
Pour me joindre au Conseil général, appeler :
Valérie : 01 34 25 32 23
Laurent : 01 34 25 30 97
Kevin : 01 34 25 38 48
Jacqueline FERRET - Conseillère municipale
Nicolas LE ROUX - Conseiller municipal - Secrétaire fédéral PS du Val d'Oise
Marie Claire ROBERT - Conseillère municipale -
Gouthi BEN HABIB - Conseiller municipal - Tésorier de la section du PS de Franconville
Marcel SANGUIN - Conseiller municipal - Membre Commission nationale Entreprises PS
20 novembre 2005
Le PS en ordre de bataille, à l'écoute et au service des Fançais
Le PS a choisi l'union autour d'un texte commun, c'est ce que nous appelons
LA SYNTHESE
Dès demain le travail sur notre projet va rependre afin de proposer aux Français une alternative à la politique de la Droite lors des échéances nationales de 2007. Et pour qui a entendu hier encore Sarkozy en rajoutait d'un air gourmand sur "la racaille" devant des élus et des militants UMP hilares, le PS, et demain la Gauche rassemblée, ne peut pas se permettre d'échouer.
C'est une exigence que chaque socialiste doit désormais faire sienne
Vidéo du discours de clotûre de François Hollande
http://abonnes.lemonde.fr/web/videos_w/0,26-0,59-8039,0.html
http://www.parti-socialiste.fr
http://www.parti-socialiste.fr/congres2005
19 novembre 2005
Le Congrès du Parti Socialiste en direct
Beaucoup de réthorique évidemment, mais ne vous y trompez pas :
Il existe une réelle volonté d'union dans le 1er parti de la Gauche.
Il est faux de dire que le PS ne dit plus rien, qu'il est devenu inaudible.
Il est vrai de dire que les querelles internes ont obscurci durablement nos propositions.
En tant que militant de de ce Parti démocratique et heureux de l'être, élu de terrain (et c'est difficile quelquefois et plus encore actuellement de répondre aux interrogations légitimes des citoyens), je souhaite comme la très grande majorité de mes camarades que ce congrès soit celui de la marche en avant aux côtés de celles et ceux qui souffrent de la politique actuelle qui elle ne peut plus durer.
13 novembre 2005
HOLLANDE conforté par le vote des militants
La participation au scrutin a été importante et atteint plus de 83 %
La Motion Hollande.pdf Volonté - Vérité -Unité (que j'ai soutenue) obtiendrait la majorité absolue des suffrages avec 53,7 %au niveau national. Elle dépasse 60 % sur le Val d'Oise.
La motion de NPS V.Peillon/A.Montebourg/H.Emmanuelli serait créditée de 23,4% des voix.
La motion de L.Fabius/J.L.Mélanchon de 21 % des voix
La motion du groupe Utopia de 1% des voix
La motion de Jean-Marie Bockel de 0,6% des voix.
http://www.parti-socialiste.fr
Dans notre département, 3 candidats se sont déclarés au poste de 1er secrétaire afin de succéder à Jean Pierre Muller.
Dominique Lefevre, Maire de Cergy, pour la motion Hllande
Emmanuel Maurel Conseiller régional IDF, pour la motion Fabius
Alain Assouline pour le NPS
Les éléctions du 1er secrétaire national, des 1ers secrétaires départementaux et des secrétaires de section auront lieu le même jour, soit le 24 novembre.
18 octobre 2005
Débat sur les motions du Parti Socialiste le 18 octobre
A la Mutualité ce soir et en direct sur Public Sénat : http://www.publicsenat.fr/accueil
- Avec François Hollande - Motion 1 Volonté - Vérité - Unité
- Avec Laurent Fabius - Motion 2 Rasssembler à Gauche
Vous pouvez lire les 5 motions sur le blog dans la rubrique Parti Socialiste
29 août 2005
Regardons autour de nous..."Le Ghetto français"
En parcourant les contributions au congrès du Mans (le congrès du PS se tient au mans les 18-19 et 20 novembre 2005) j'ai apprécié que Gérard Collomb- Maire de Lyon reprenne le constat sur le fractionnement de l'espace. Nos villes sont en effet le miroir des fractures sociales, et cette situation est non seulement est inacceptable, elle n'est pas tenable dans le temps.
Pour en savoir plus lire toutes les contributions au congrès sur le site du PS http://www.parti-socialiste.fr
Et surtout lire le Livre d'Eric Maurin "Le ghetto français"
Éric Maurin, 41 ans, polytechnicien et docteur en économie, est chercheur au groupe de recherche en économie et statistique (Gregsta, CNRS). Il est l'auteur de L'Egalité des possibles, publié en 2002 par La République des idées/Le Seuil, qui a renouvelé la réflexion sur la classe ouvrière et son poids électoral.
Ci dessous, l'analyse du livre par le GELD (Groupe d'Etude et de lutte contre les Discriminations)
"L’économiste Eric MAURIN est membre de l’Observatoire des inégalités http://www.inegalites.org. Il publie une "Enquête sur le séparatisme social" qui analyse les mécanismes de ségrégation sociale à l’œuvre dans l’ensemble de la société française et non pas, contrairement aux idées reçues, uniquement dans les "quartiers sensibles".
L’auteur dénonce la vision réductrice qui consiste à prétendre que "le problème central de la société française serait de résoudre les difficultés de quelques centaines de quartiers dûment répertoriés". Ceux-ci "doivent demeurer naturellement un sujet de préoccupation, mais ils ne sont que le résultat le plus visible de la ségrégation urbaine".
Révélatrice de la fameuse "fracture sociale", la situation des "cités" a conduit les politiques menées depuis une vingtaine d’année a se fondé presque exclusivement sur la notion de "territoire" en occultant le séparatisme social généralisé qui marque notre société.
Dans un contexte d’absence de mixité et de mobilité sociale, l’avenir de chacun est en effet largement prédéterminé par son lieu de vie et son milieu d’origine. Les individus sont eux-mêmes acteurs du "processus ségrégatif" car chacun "s'évertue à fuir ou à contourner le groupe immédiatement inférieur dans l'échelle des difficultés". L’auteur souligne que ces "stratégies d'évitement et de regroupement concernent à peu près toutes les catégories, à commencer par les plus favorisées".
Si les politiques de la ville et du logement menées depuis vingt ans comme les politiques ciblées en faveur des territoires les plus désavantagés n’ont donc pas permis de désamorcer les processus de sécession territoriale, c’est parce qu’elles ne se sont pas attaquées au "principal facteur d'anxiété sociale qui les sous-tend : la précocité et l'irréversibilité des mécanismes d'enfermement des individus dans des destins écrits d'avance".
L’école, en particulier le collège, constitue le lieu principal de "sélection précoce", son cloisonnement contribuant très largement à figer les trajectoires individuelles. L’auteur admet cependant qu’il semble "difficile d'imaginer un collège moins concurrentiel et inégalitaire sans réformer également le lycée et l'enseignement supérieur" avec ses "grandes écoles ultra élitistes" et ses "filières universitaires de relégation".
Plus généralement, il est nécessaire de "promouvoir une société plus fluide" ce qui suppose « des passerelles plus nombreuses et bien plus étroites, des allers-retours plus fréquents et naturels, entre formation initiale et marché du travail, formation générale et formation professionnelle".
"Alors seulement les familles pourront entretenir un rapport un peu moins anxieux à l'avenir, à la scolarité de leurs enfants et au territoire qui cristallise et révèle l'étendue des blocages".
A lire également l'article du Monde du 23/10/2004 :
Le territoire s'est imposé ces dernières années comme le révélateur des nouvelles inégalités. Il leur a donné un langage pour ainsi dire physique : celui des quartiers et des "cités" où se matérialise brutalement ce que la statistique peine parfois à décrire. Un langage plus complet aussi, car la ségrégation urbaine articule et concentre presque toutes les formes d'inégalités (de revenus, de formations, de destins, etc.).
Pourtant l'évidence peut être trompeuse. Le territoire exhibe certaines formes de ségrégation et en dissimule d'autres. Les "quartiers difficiles" sautent aux yeux, mais pas les stratégies de fuite ou d'évitement qui en éloignent. Les lignes de démarcation de la misère sont infiniment plus spectaculaires que les ruses de l'esquive (...).
C'est à ces évidences trompeuses qu'a succombé la politique de la ville depuis quinze ou vingt ans. Abusée par le visible, elle participe d'une conviction d'autant plus partagée qu'elle a pour elle l'intuition la plus commune : le problème central de la société française serait de résoudre les difficultés de quelques centaines de quartiers dûment répertoriés, où se concentre l'essentiel des exclus. La "fracture sociale" passerait entre une minorité de cas extrêmes et le reste de la société, entre une frange d'exclus et la masse informe des inclus. En somme, le problème se résumerait au "scandale manifeste" des zones les plus déshéritées.
Cette représentation sous-estime grandement l'étendue du mal. Elle fait comme si la difficulté procédait essentiellement de quelques "quarantaines sociales", comme si une soudaine poussée de ségrégation territoriale avait créé 500 ou 600 enclaves déshéritées à l'intérieur d'un paysage relativement homogène et continu.
En réalité, les difficultés sont à la fois plus anciennes et plus générales. Plus anciennes, car les indicateurs de ségrégation territoriale révèlent une situation à peu près fixe depuis quinze ou vingt ans. Plus générales ensuite, car cette ségrégation déborde largement le problème particulier des ghettos pauvres, que par ailleurs aucune politique n'est parvenue à résoudre. (...)
De fait, le "ghetto français" n'est pas tant le lieu d'un affrontement entre inclus et exclus que le théâtre sur lequel chaque groupe s'évertue à fuir ou à contourner le groupe immédiatement inférieur dans l'échelle des difficultés. À ce jeu, ce ne sont pas seulement des ouvriers qui fuient des chômeurs immigrés, mais aussi les salariés les plus aisés qui fuient les classes moyennes supérieures, les classes moyennes supérieures qui esquivent les professions intermédiaires, les professions intermédiaires qui refusent de se mélanger avec les employés, etc. Bref, en chacun de nous se découvre un complice plus ou moins actif du processus ségrégatif.
Les quartiers sensibles doivent demeurer naturellement un sujet de préoccupation, mais ils ne sont que le résultat le plus visible de la ségrégation urbaine. (...) Les mêmes passions qui poussent à se détourner des "ghettos pauvres" président à la sécession des "ghettos chics" à l'autre bout de la chaîne, et alimentent au passage les dynamiques de cloisonnement qui traversent toute la société. Le phénomène le plus marqué ne procède d'ailleurs pas tant d'une "ghettoïsation par le bas" que d'une "ghettoïsation par le haut".
Dans un pays où le discours politique est régulièrement marqué par les incantations sur le thème de l'égalité républicaine et le rejet du "modèle américain" - spontanément associé aux ghettos communautaires -, la réalité et l'étendue de la ségrégation territoriale font figure de mal social inassumé et de démenti cinglant.
Ces constats invitent à repenser en profondeur les politiques sociales en la matière. Les politiques de la ville et du logement menées depuis vingt ans pour faire progresser la mixité en développant les logements sociaux ou les aides personnalisées au logement ont peut-être atténué quelques symptômes, mais n'ont jamais atteint les causes intimes de la ségrégation. De même, les politiques ciblées en faveur des territoires les plus désavantagés, comme les zones d'éducation prioritaires (ZEP) ou les zones franches, s'avèrent très décevantes.
Si ces efforts sont restés relativement vains, c'est parce qu'ils s'en sont pris essentiellement aux conséquences visibles de la ségrégation. Or on a peu de chance de désamorcer les processus de sécession territoriale sans s'attaquer au principal facteur d'anxiété sociale qui les sous-tend : la précocité et l'irréversibilité des mécanismes d'enfermement des individus dans des destins écrits d'avance. Car, en cloîtrant le présent dans des territoires, c'est aussi l'avenir que l'on enferme ou que l'on sécurise. Si le territoire est l'enjeu d'une compétition aussi âpre, c'est que le lieu de résidence et les interactions sociales qu'il conditionne comptent parmi les ressources essentielles d'une concurrence généralisée pour les meilleurs destins, laquelle s'engage désormais dès l'enfance
Le débat démocratique a certainement avancé ces dernières années puisque les termes même de "ghetto" ou de "ségrégation" n'y sont plus tabous : face à la réalité des quartiers, la pudeur et le long cortège des euphémismes d'hier ne sont plus de mise. Mais un nouveau pas doit être franchi : alors que beaucoup considèrent encore que les déchirements de la ville affectent essentiellement une minorité d'exclus, il va falloir accepter l'idée que les mécanismes de la ségrégation traversent toute la société et non seulement ses franges.
La défiance et la recherche de l'entre-soi, les stratégies d'évitement et de regroupement concernent à peu près toutes les catégories - à commencer par les plus favorisées - et organisent les formes de la coexistence sociale sur l'ensemble du territoire. Ce tableau (...)laisse entrevoir une société à la fois fragmentée et figée, hantée par la peur du déclassement. Une société où l'on change souvent de trottoir.
En réalité, on ne se bat pas seulement pour des espaces plus "sûrs", des logements de qualité ou des équipements de proximité, mais encore et peut-être avant tout pour des destins, des statuts, des promesses d'avenir. En choisissant son lieu de résidence, on choisit aussi ses voisins et les enfants de ses voisins, ceux avec lesquels nous ferons grandir les nôtres, ceux avec lesquels nous les enverrons à l'école, etc. S'il en est ainsi, c'est parce que nous croyons que la qualité de l'environnement social immédiat pèse de tout son poids sur la réussite ou l'échec de chacun.
Jusqu'à une époque récente, cette intuition pratique n'avait guère été mise à l'épreuve par les sciences sociales. Elle commence à l'être et les travaux à son sujet lui donnent raison. Loin d'être un fantasme, le poids des interactions de voisinage et du contexte immédiat sur les destins sociaux s'avère considérable. De fait, la ségrégation ne consiste pas seulement à assigner certains individus à certains territoires, à ranger chacun auprès de ses pairs : elle verrouille aussi l'avenir. Elle ouvre, entrouvre, amenuise ou ferme l'horizon, selon que l'on grandit aux côtés de parents et de voisins diplômés ou dans un quartier dévasté par l'échec, dans une zone pavillonnaire peuplée de professions intermédiaires ou dans un centre-ville embourgeoisé. L'environnement social immédiat n'est pas une contingence secondaire de l'existence (...) : il tend au contraire à s'imposer comme une condition existentielle du développement de chacun.
Comment lutter contre la ségrégation et les inégalités de contexte qui la caractérisent et l'alimentent ? Question difficile dans un pays où la "mixité sociale" recueille les suffrages d'une écrasante majorité de citoyens - notamment parmi les intellectuels et les politiques -, mais se heurte aux choix concrets et aux pratiques individuelles d'une majorité tout aussi écrasante - y compris parmi les intellectuels et les politiques. Faut-il se scandaliser d'une telle contradiction ? Faut-il s'émouvoir de découvrir en chacun de nous les passions enfouies de la ségrégation dont nous constatons les effets autour de nous ?
Le "bon citoyen" qui, relativement diplômé et correctement rémunéré, irait s'installer par solidarité dans un quartier déshérité serait aussi rapidement suspecté d'être un "mauvais parent". Cette contradiction est certes terrible mais, paradoxalement, elle aide à mieux comprendre les ressorts cachés du séparatisme social : c'est peut-être aux individus eux-mêmes qu'il faut s'intéresser, plutôt qu'aux territoires.
La plupart des politiques qui, depuis quinze ou vingt ans, ont tenté d'endiguer le phénomène en ciblant des territoires (...) n'ont en aucune façon désamorcé les "bonnes raisons" que peut avoir chacun d'aspirer à un bon voisinage. (...)
Il faut tourner nos politiques vers les individus. C'est en atteignant les individus que l'on transformera le territoire - et non l'inverse - et que l'on parviendra à atténuer l'extraordinaire anxiété qui traverse la société française depuis une vingtaine d'années. Il faut pour cela appliquer résolument un principe : donner davantage aux jeunes enfants et aux adolescents les plus démunis de ressources familiales.
Les marges de manœuvre restent considérables pour améliorer les conditions de développement des tout jeunes enfants, les conditions de logement des adolescents ou pour aider les jeunes adultes à se former plutôt que d'entrer de façon précoce sur le marché du travail pour finalement errer d'emplois précaires en emplois précaires.
L'ensemble de nos politiques publiques pour la santé, le logement ou la formation peut être réorienté de manière à se concentrer réellement sur les jeunes les plus démunis et à éviter de se disperser sur un trop grand nombre de bénéficiaires, ou de territoires, choisis selon des critères manquant de transparence et de souplesse. Les évaluations disponibles convergent toutes pour souligner que les investissements publics pour l'amélioration des conditions de développement des jeunes les plus démunis ne sont pas seulement justes, mais parmi les plus rentables qui se puissent concevoir.
La réflexion pourrait (et devrait) naturellement être prolongée. Comment lutter contre les causes profondes de la ségrégation territoriale sans atténuer l'anxiété sociale des familles et des jeunes face à l'école et au marché du travail ?
Dans la foulée des politiques alternatives que j'ai tenté d'illustrer, je crois notamment nécessaire de promouvoir une école moins sélective, moins anxiogène, avec des programmes moins lourds et plus concrets, autour desquels pourraient se déployer des scolarités obligatoires dont le redoublement et l'échec seraient quasi bannis (comme c'est d'ailleurs le cas chez la plupart de nos voisins européens).
Le collège est le moment où se construisent les relégations les plus définitives et les humiliations les plus marquantes. Le moment où se creusent d'irrémédiables distances entre ceux que leur environnement social prépare depuis longtemps aux exercices savants et aux humanités, et ceux qui en ignorent les codes ou n'en perçoivent pas l'utilité. Suspendre la sélection précoce et promouvoir un véritable "collège pour tous" reste un projet d'actualité, dont l'objectif serait l'acquisition d'une culture commune par chaque classe d'âge, culture discutée et définie par l'ensemble de la société et non plus seulement par les spécialistes de chaque discipline.
Un premier problème, le plus évident, est de définir cette culture commune, adaptée à un collège de masse. Il s'agit d'un problème évidemment extrêmement délicat, mais de nature essentiellement politique. Il doit pouvoir se résoudre sur le forum démocratique.
Peu de choses sont vraiment importantes pour comprendre l'essentiel d'une société et être capable d'y prendre place. Il doit être possible de converger vers des programmes accessibles à un plus grand nombre de collégiens. Ce faisant, on pourrait espérer régler en partie le problème posé aux enseignants par l'hétérogénéité des publics fréquentant aujourd'hui le collège.
Toutefois la véritable difficulté n'est peut-être pas tant de redéfinir les objectifs de la scolarité obligatoire que de modifier les rapports des familles avec l'école, et notamment des familles les mieux informées des enjeux d'une bonne formation initiale. Autrement dit, il semble difficile d'imaginer un collège moins concurrentiel et inégalitaire sans réformer également le lycée et l'enseignement supérieur et, plus généralement, sans promouvoir une société plus fluide. Il serait utopique d'espérer désamorcer la concurrence pour les meilleurs lycées en gardant l'enseignement supérieur tel qu'il est, avec des grandes écoles ultra-élitistes, des filières universitaires de relégation, et très peu de passerelles entre les deux.
L'enseignement supérieur ne concerne aujourd'hui qu'une minorité d'enfants : essentiellement des enfants de cadres supérieurs et, à un moindre degré, de classes moyennes. Les problèmes peuvent à ce titre paraître secondaires par rapport à ceux que rencontre une majorité d'enfants dont beaucoup sont en échec dès l'école et le collège. En réalité les deux questions sont intimement liées.
La ségrégation spatiale, l'usage consumériste des établissements privés par les parents, la pression pour les classes de niveau, l'orientation sélective, etc., toutes ces réalités qui minent l'école et le collège de l'intérieur ne pourront être désamorcées si l'enseignement supérieur reste une institution aussi cloisonnée où chaque inflexion de trajectoire est aussi un irréversible déclassement social.
Plus fondamentalement, c'est notre modèle de société tout entier qu'il faut interroger. La France se caractérise par un degré élevé et croissant d'inégalités de statut dans l'emploi. Depuis maintenant vingt ans, les inégalités de salaires ou de revenus restent à des niveaux historiquement faibles, mais les inégalités d'exposition à l'intérim, aux CDD et au chômage sont en augmentation régulière.
La France est le pays d'Europe où ces inégalités entre jeunes et âgés ou entre diplômés et non-diplômés sont les plus élevées. Dans le même temps, la mobilité dans la hiérarchie des salaires baisse. Pour simplifier, la société française s'adapte aux changements contemporains en maintenant des inégalités de revenus relativement modérées (au regard de ce qu'elles ont été), mais de plus en plus irréversibles. En somme, elle produit de nouveaux statuts auxquels sont associés des destins étroitement scellés.
Il n'y a là aucune fatalité. Il existe bien d'autres façons de s'adapter aux évolutions technologiques et industrielles, comme en témoigne la diversité des expériences en Europe et outre-Atlantique. Il est tout à fait possible d'évoluer vers une société où les trajectoires se définissent de façon moins irréversible à chaque étape de la scolarité et de la vie, une société où les échecs de chacun ne soient pas autant d'atteintes destructrices à l'estime de soi. Il est tout à fait possible d'évoluer vers une société plus fluide.
Cela suppose des passerelles plus nombreuses et bien plus étroites, des allers-retours plus fréquents et naturels, entre formation initiale et marché du travail, formation générale et formation professionnelle. Alors seulement les familles pourront entretenir un rapport un peu moins anxieux à l'avenir, à la scolarité de leurs enfants et au territoire qui cristallise et révèle l'étendue des blocages. Et les conditions d'une plus grande mixité sociale seront peut-être réunies.
A l'orée des années 1960, dans des discours restés célèbres, John Kennedy puis Lyndon Johnson définissaient une nouvelle frontière sociale pour leur pays : au-delà de l'égalité des droits, l'égalité réelle des personnes, l'égalité devant les processus de constitution de soi, devant l'avenir. Il est de bon ton aujourd'hui de déclarer que tout a été dit et tenté en matière de justice sociale. L'examen scrupuleux de la situation française montre qu'il n'en est rien. A bien des égards, nous n'avons jamais réellement pris acte du déchirement intérieur de notre société, ni réellement mis en œuvre les principes politiques qui permettraient de la rassurer et de la recoudre.









